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Simulateur crypto : calculez vos gains, pertes et impôts avant d'investir

Découvrez comment utiliser un simulateur crypto pour estimer vos plus-values, moins-values et impôts en France. Guide pratique, cas concret et erreurs à éviter.

Alice BertrandAlice Bertrand 18 min de lecture
Simulateur Crypto : calculer gains et impôts PFU 30 %

Un simulateur crypto applique la formule proportionnelle de l'article 150 VH bis du Code Général des Impôts pour estimer la plus-value imposable sur une cession de crypto-actifs. Le calcul pondère le prix total d'acquisition du portefeuille par le ratio entre prix de cession et valeur globale du portefeuille au moment de la vente. Le résultat, positif ou négatif, est soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux).

Un simulateur crypto applique la formule proportionnelle du Code Général des Impôts pour estimer votre plus-value imposable avant même de remplir le formulaire 2086. En 2026, la flat tax de 30 % reste la règle pour toutes les cessions de crypto-actifs réalisées par des particuliers en France. Mais le résultat affiché par un simulateur ne vaut que si vous comprenez comment le renseigner correctement : et surtout, quelles variables entrent dans le calcul. Voici comment anticiper vos impôts sans erreur, avec un scénario chiffré de bout en bout.

Anticipez sereinement vos impôts grâce à un bon simulateur, c'est l'objectif de notre calculateur gain crypto et de ce guide.

Ce qu'il faut retenir

  • La plus-value imposable des crypto-actifs suit une formule proportionnelle qui tient compte de la valeur totale du portefeuille au moment de la cession (article 150 VH bis du CGI).
  • Le PFU de 30 % s'applique sans abattement pour durée de détention, avec un seuil d'exonération pour les cessions annuelles inférieures à 305 €.
  • Un simulateur crypto est un outil préparatoire : seule la déclaration via le formulaire 2086 sur impots.gouv.fr a valeur fiscale.
  • Les moins-values crypto ne sont imputables que sur les plus-values de même nature réalisées la même année, sans report possible.
  • L'erreur la plus fréquente consiste à ignorer la valeur globale du portefeuille dans la formule, ce qui sous-estime mécaniquement la plus-value imposable.

Qu'est-ce qu'un simulateur crypto et pourquoi l'utiliser ?

Un simulateur crypto est un outil qui applique les règles fiscales françaises pour estimer le montant d'impôt dû après une cession de crypto-actifs. Contrairement à un simple calculateur de gain brut (prix de vente moins prix d'achat), il intègre la méthode de calcul proportionnelle imposée par l'article 150 VH bis du Code Général des Impôts.

L'intérêt principal : vous obtenez une estimation réaliste de votre plus-value imposable avant de remplir le formulaire 2086. Cela permet d'anticiper le montant à provisionner : 30 % de la plus-value nette : et d'éviter les surprises au moment de la déclaration.

Un simulateur sert également à comparer des scénarios. Vous pouvez tester l'impact fiscal d'une cession totale versus partielle, ou mesurer comment des frais de transaction élevés grèvent votre gain net. Certains outils proposent un suivi de portefeuille en temps réel, actualisant l'estimation fiscale à chaque mouvement.

La DGFiP ne fournit pas de simulateur officiel pour les crypto-actifs. Tous les outils disponibles sont développés par des tiers : éditeurs de logiciels fiscaux, plateformes d'échange ou startups spécialisées. Vérifier leur conformité avec la formule du CGI devient donc indispensable.

Les différents types de simulateurs : plus-value, fiscalité, portefeuille

Trois grandes familles de simulateurs coexistent sur le marché.

  • Simulateur de plus-value : calcul du gain imposable sur une cession donnée, en appliquant la formule proportionnelle française. C'est l'outil de base pour estimer l'impôt avant la déclaration 2086.
  • Simulateur fiscal annuel : agrège toutes les cessions de l'année, impute les moins-values sur les plus-values et produit une estimation de l'impôt global dû au titre de l'année fiscale.
  • Suivi de portefeuille avec module fiscal : outil de gestion de patrimoine crypto qui calcule en continu la plus-value latente et l'impôt potentiel associé.

Certains exchanges intègrent un module fiscal basique, mais leur fiabilité varie. Les outils indépendants qui importent l'historique complet des transactions depuis plusieurs plateformes offrent généralement une vision plus exhaustive.

Ce qu'un simulateur crypto ne fait pas

Un simulateur crypto applique une formule mathématique à des données que vous fournissez. Il ne vérifie pas la qualification juridique de vos opérations. Staking, yield farming, airdrops : ces activités génèrent des gains dont la nature fiscale reste débattue. Un simulateur les traitera souvent comme des plus-values classiques, ce qui peut être inexact.

⚠️ Attention : aucun simulateur ne remplace la déclaration officielle sur impots.gouv.fr. Il ne garantit pas non plus l'absence de redressement. Pour les situations complexes, un expert-comptable spécialisé en crypto-actifs reste indispensable. Le simulateur est un outil de préparation, pas un bouclier fiscal.

Les règles fiscales françaises que tout simulateur doit intégrer

La fiscalité des crypto-actifs pour les particuliers résidents français repose sur deux piliers : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % et le formulaire 2086. Ces règles, issues de la loi de finances pour 2019, s'appliquent à toutes les cessions intervenues depuis le 1ᵉʳ janvier 2019.

Le cadre légal ne prévoit ni abattement pour durée de détention, ni régime de déclaration par tranches. Chaque euro de plus-value imposable est taxé au même taux, quelle que soit la durée pendant laquelle vous avez conservé vos Bitcoin ou altcoins. Cette absence de progressivité distingue radicalement les crypto-actifs des valeurs mobilières traditionnelles.

La Direction Générale des Finances Publiques a précisé sa doctrine dans le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMC-30-10-10). Les cessions réalisées dans le cadre d'une activité professionnelle ou habituelle relèvent d'un régime différent (BNC ou BIC), mais cela concerne une minorité de contribuables. Pour l'investisseur particulier occasionnel, c'est bien le régime des plus-values sur biens meubles incorporels qui s'applique.

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30 %

Le PFU, souvent appelé flat tax, se décompose ainsi :

  • 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu (taux unique, sans lien avec votre tranche marginale).
  • 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %).

Ce taux global de 30 % s'applique à la plus-value nette imposable calculée selon la formule proportionnelle. Aucune option pour le barème progressif de l'IR n'est prévue pour les crypto-actifs, contrairement aux revenus de capitaux mobiliers.

Selon la documentation fiscale en vigueur sur impots.gouv.fr, le PFU est prélevé directement via la déclaration 2086. Vous calculez vous-même l'impôt dû et le reportez sur votre déclaration 2042.

Le formulaire 2086 : quand et comment l'utiliser

Le formulaire 2086 (déclaration des plus-values de cession d'actifs numériques) doit être annexé à la déclaration d'ensemble des revenus (2042). Il recense, cession par cession :

  • La date et le montant de chaque cession.
  • Le prix total d'acquisition du portefeuille.
  • La valeur globale du portefeuille au moment de chaque cession.

Le formulaire calcule automatiquement la plus-value imposable selon la formule proportionnelle. La somme des plus-values et moins-values de l'année donne la plus-value nette globale. Si ce solde est positif, le PFU de 30 % s'y applique.

📌 Important : la déclaration 2086 est obligatoire dès lors que vous avez réalisé au moins une cession dans l'année, même si la plus-value nette finale est nulle ou négative. Le défaut de déclaration expose à des pénalités.

Seuil d'imposition et exonérations possibles

Le seuil d'exonération pour les cessions de crypto-actifs est fixé à 305 € par an (montant total des cessions, pas de la plus-value). Si le cumul annuel de vos cessions ne dépasse pas ce seuil, vous n'avez ni déclaration 2086 à déposer, ni impôt à acquitter.

Deux nuances importantes :

  • Les cessions à titre gratuit (dons de crypto-actifs) ne sont pas concernées par ce régime.
  • L'échange d'un crypto-actif contre un autre constitue fiscalement une cession imposable, même sans conversion en euros. La valeur en euros au moment de l'échange doit être reportée.

Les moins-values globales nettes ne sont pas reportables d'une année sur l'autre. Une année déficitaire ne réduira pas l'imposition de l'année suivante.

Comment fonctionne le calcul dans un simulateur crypto : les variables clés

La spécificité française tient dans la formule de calcul proportionnelle. Plutôt que de taxer simplement la différence entre prix de vente et prix d'achat, le législateur impose de pondérer le prix d'acquisition par le poids de la cession dans le portefeuille global.

Cette mécanique vise à éviter qu'un contribuable ayant massivement investi ne vende une fraction minime de son portefeuille en déclarant un prix d'achat total disproportionné, ce qui effacerait artificiellement la plus-value.

Concrètement, chaque cession oblige à calculer un ratio : prix de cession divisé par valeur totale du portefeuille au moment de la vente. Ce ratio est appliqué au prix total d'acquisition du portefeuille pour déterminer la fraction du coût d'achat imputable à cette cession spécifique.

Prix d'achat, prix de vente et frais : les 3 données de base

Un simulateur crypto demande trois entrées principales par cession :

  • Prix d'achat (coût de revient) : montant total investi pour acquérir l'ensemble de votre portefeuille crypto, tous actifs confondus, hors frais. Ce n'est pas le prix du seul actif cédé.
  • Prix de vente : montant perçu lors de la cession, net des frais de transaction de la plateforme.
  • Valeur globale du portefeuille : valorisation en euros de tous vos crypto-actifs à l'instant de la cession, incluant l'actif cédé.

Les frais de transaction payés à l'exchange réduisent le prix de vente et donc la plus-value imposable. Un simulateur bien conçu vous permet de les saisir explicitement.

La formule de calcul proportionnelle imposée par le CGI

La formule légale, codifiée à l'article 150 VH bis du CGI, se présente ainsi :

Plus-value imposable = Prix de cession − (Prix total d'acquisition × Prix de cession / Valeur globale du portefeuille)

Si le résultat est négatif, la cession génère une moins-value. Cette moins-value viendra réduire les plus-values des autres cessions de l'année.

Le prix total d'acquisition est actualisé à chaque mouvement : chaque nouvel achat vient l'augmenter du montant investi. Chaque cession antérieure l'a déjà réduit proportionnellement. La tenue d'un registre chronologique est indispensable.

Pourquoi les frais de plateforme modifient le résultat final

Les frais de plateforme (commissions de trading, frais de retrait en euros) jouent un rôle direct dans le calcul. Le prix de vente à retenir est le montant effectivement perçu après déduction de ces frais.

Un exemple simple : vous vendez du Bitcoin pour 5 000 € mais la plateforme prélève 25 € de commission. Le prix de cession à saisir dans le simulateur est 4 975 €, pas 5 000 €.

Pour réduire l'impact des frais sur votre rendement net, choisir une plateforme crypto avec le moins de frais peut faire une différence mesurable sur plusieurs années de transactions. Les écarts de commissions entre exchanges vont de 0,1 % à plus de 1,5 % par transaction.

Cas pratique chiffré : simuler une cession de Bitcoin de A à Z

Prenons un scénario concret, volontairement simplifié pour illustrer la mécanique du calcul proportionnel. Cet exemple est fictif et ne constitue pas une situation fiscale réelle.

Profil : un particulier résident fiscal français a investi progressivement dans les crypto-actifs. Il détient un portefeuille composé de Bitcoin et d'Ethereum. Il n'a jamais effectué de cession auparavant. En 2026, il décide de vendre une partie de ses Bitcoin pour financer un projet personnel.

Les montants sont arrondis pour la lisibilité. Le calcul suit la formule de l'article 150 VH bis du CGI telle qu'applicable en 2026.

Étape 1 : saisir les données d'achat et de vente

Saisissez les données suivantes dans votre simulateur crypto :

  • Prix total d'acquisition du portefeuille : 20 000 €. Ce montant correspond à l'ensemble des achats cumulés depuis l'ouverture du compte (1 Bitcoin acheté 15 000 € en 2023 + 5 ETH achetés 5 000 € en 2024).
  • Prix de cession : 8 000 €. Vous vendez 0,3 Bitcoin au cours actuel, après déduction des frais de l'exchange (0,5 % de commission).
  • Valeur globale du portefeuille au moment de la cession : 40 000 €. Votre Bitcoin restant (0,7 BTC) vaut 28 000 €, vos 5 Ethers valent 12 000 €.

Ces trois variables suffisent au simulateur pour appliquer la formule proportionnelle.

Étape 2 : appliquer la formule proportionnelle

Appliquons la formule de l'article 150 VH bis du CGI :

Plus-value imposable = 8 000 − (20 000 × 8 000 / 40 000)

Le ratio de la cession est de 8 000 / 40 000 = 0,20, soit 20 % du portefeuille total.

La fraction du prix d'acquisition imputable à cette cession est donc de 20 000 × 0,20 = 4 000 €.

La plus-value imposable s'établit à : 8 000 − 4 000 = 4 000 €.

Le gain brut apparent (8 000 − 6 000 = 2 000 € si on isolait l'achat initial des 0,3 BTC) n'est pas pertinent fiscalement. Seul le résultat de la formule proportionnelle compte.

Étape 3 : calculer l'impôt dû avec le PFU 30 %

La plus-value nette imposable étant de 4 000 € et aucune moins-value ne venant la compenser sur l'année, le PFU de 30 % s'applique en totalité :

  • Impôt sur le revenu (12,8 %) : 4 000 × 0,128 = 512 €.
  • Prélèvements sociaux (17,2 %) : 4 000 × 0,172 = 688 €.
  • Total dû : 1 200 €.

Ces montants sont à reporter sur le formulaire 2086, puis sur la déclaration 2042. Le paiement interviendra lors de la régularisation annuelle.

💡 À noter : si la valeur globale du portefeuille avait été de 80 000 € au lieu de 40 000 € au moment de la cession, le ratio serait tombé à 10 % et la plus-value imposable à 6 000 €, soit un impôt total de 1 800 €. La formule est très sensible à cette variable.

L'erreur courante qui fausse tous vos calculs

Le piège le plus fréquent chez les utilisateurs de simulateurs crypto consiste à saisir comme prix d'achat le coût du seul actif cédé, au lieu du prix total d'acquisition de l'ensemble du portefeuille. Cette erreur fausse mécaniquement le ratio de la formule proportionnelle.

En pratique, beaucoup d'investisseurs raisonnent intuitivement : « J'ai acheté 0,3 BTC pour 6 000 €, je les revends 8 000 €, ma plus-value est de 2 000 €. » Ce calcul est fiscalement faux en France. La loi impose de rapporter le prix total d'acquisition du portefeuille entier au prorata de la cession.

Un simulateur ne peut pas détecter cette erreur de saisie. Si vous entrez un prix d'acquisition sous-évalué, il produira une estimation de plus-value minorée, et vous risquez de sous-provisionner votre impôt.

Pourquoi ignorer la valeur globale du portefeuille est risqué

Reprenons l'exemple précédent avec l'erreur classique. L'investisseur saisit 6 000 € comme prix d'acquisition (coût estimé des 0,3 BTC), au lieu de 20 000 € (prix total du portefeuille).

Le simulateur applique la formule et obtient : 8 000 − (6 000 × 8 000 / 40 000) = 8 000 − 1 200 = 6 800 € de plus-value imposable.

La valeur correcte avec le prix total d'acquisition est de 4 000 €. L'erreur conduit ici à une surestimation. Mais dans d'autres configurations : notamment quand le portefeuille a fortement grossi : l'oubli de la valeur globale sous-estime le ratio et donc la plus-value imposable.

Le risque n'est pas théorique : la DGFiP dispose de l'historique déclaratif et peut recalculer la plus-value exacte en cas de contrôle.

Conséquences d'une déclaration erronée : pénalités et intérêts de retard

Une déclaration 2086 erronée expose à plusieurs sanctions :

  • Intérêts de retard : 0,2 % par mois sur le montant d'impôt éludé (soit 2,4 % par an), calculés à compter du 1ᵉʳ juillet de l'année suivant celle de la déclaration.
  • Majoration de 10 % : en cas d'oubli ou d'inexactitude corrigé spontanément avant mise en demeure.
  • Majoration de 40 % : si l'administration détecte l'erreur avant que vous ne la corrigiez.
  • Majoration de 80 % : en cas de manquement délibéré (sous-évaluation systématique, omission répétée).

Pour un impôt éludé de 500 €, une majoration de 40 % ajoute 200 € de pénalités, portant la note à 700 € hors intérêts. L'écart entre une simulation bâclée et un calcul rigoureux peut coûter cher.

Choisir le bon simulateur crypto : critères essentiels

Tous les simulateurs crypto ne se valent pas. La plupart des outils disponibles ont été conçus pour le marché américain et adaptent a posteriori leur moteur de calcul à la fiscalité française. Cette adaptation n'est pas toujours transparente ni complète.

Un critère simple pour départager les outils : testez-les avec le scénario chiffré du cas pratique ci-dessus. Si le résultat diffère de 4 000 € de plus-value imposable, c'est que la formule proportionnelle française est mal implémentée ou que des paramètres manquent.

Vérifiez aussi la capacité à gérer plusieurs exchanges. Un investisseur utilisant Binance, Kraken et Coinbase a besoin d'un outil qui consolide l'historique de transactions depuis ces trois sources. Sans cette consolidation, le prix total d'acquisition du portefeuille sera incomplet et le calcul erroné.

Compatibilité avec la fiscalité française : le critère n°1

Le critère déterminant est la conformité avec l'article 150 VH bis du CGI. Concrètement, le simulateur doit :

  • Appliquer la formule proportionnelle (pas une simple soustraction prix de vente − prix d'achat).
  • Intégrer la valeur globale du portefeuille au moment de chaque cession.
  • Produire une sortie compatible avec les rubriques du formulaire 2086.
  • Actualiser le prix total d'acquisition après chaque cession (réduction proportionnelle du coût de revient).

Un simulateur qui vous demande uniquement « combien avez-vous acheté » et « combien avez-vous vendu » sans jamais évoquer la valeur du portefeuille restant est inadapté au régime fiscal français.

Un simulateur ne vous demandant que le prix d'achat et de vente sans intégrer la valeur globale du portefeuille est à éviter, car il ne respecte pas la complexité du calcul de la fiscalité crypto.

Import automatique des transactions et gestion multi-exchanges

L'import automatique des transactions change radicalement la fiabilité de la simulation. Récupérer manuellement des centaines de lignes d'historique depuis plusieurs exchanges expose à des oublis et des erreurs de saisie.

Les simulateurs avancés se connectent aux API des principales plateformes (Binance, Kraken, Coinbase, Bitstamp, etc.) pour extraire l'intégralité de l'historique. Ils reconstituent ensuite le prix total d'acquisition chronologique, cession après cession.

Vérifiez la liste des exchanges compatibles avant de choisir un outil. Si votre plateforme principale n'est pas supportée, la simulation reposera sur des données partielles et le résultat sera inévitablement faussé.

Sécurité des données et conformité RGPD

Un simulateur crypto accède à l'historique complet de vos transactions : montants, dates, contreparties, adresses de wallet. Ces données sont personnelles et potentiellement sensibles.

Deux vérifications simples avant de confier vos données à un outil tiers :

  • Hébergement des données : le stockage est-il local (sur votre machine) ou dans le cloud ? Un traitement local limite l'exposition.
  • Politique de confidentialité : le RGPD impose une information claire sur la finalité du traitement, la durée de conservation et les éventuels transferts hors UE.

Les outils gratuits financés par la revente de données agrégées ou le ciblage publicitaire présentent un risque de conflit d'intérêts. Les simulateurs payants ont généralement un modèle économique plus aligné avec la confidentialité.

Simulateur crypto et DeFi : les cas particuliers à anticiper

Les simulateurs crypto classiques sont calibrés pour des opérations simples : achat sur exchange, conservation sur wallet, revente en euros. Les opérations DeFi introduisent des couches de complexité que la plupart des outils ne traitent pas ou traitent de manière approximative.

Le staking, par exemple, génère des récompenses régulières. S'agit-il fiscalement de revenus (à déclarer en BNC au fur et à mesure de leur perception) ou de plus-values latentes (imposables seulement à la conversion en euros) ? La doctrine administrative n'a pas tranché définitivement.

Le yield farming ajoute des échanges multiples entre tokens, des pools de liquidité et des protocoles qui versent des rendements sous forme de tokens de gouvernance. Chaque échange constitue potentiellement une cession imposable. Un simulateur qui ne capte pas ces micro-cessions produira une estimation incomplète.

Staking et yield farming : comment les simulateurs les traitent-ils ?

La plupart des simulateurs intègrent le staking de deux manières :

  • Approche conservative : les récompenses sont traitées comme des plus-values à la conversion en euros. Le prix d'acquisition du token reçu est considéré comme nul (coût de revient = 0).
  • Approche BNC : les récompenses sont traitées comme des revenus imposables l'année de leur perception, au barème progressif de l'IR (et non au PFU).

L'absence de position claire de l'administration fiscale sur ce point rend les deux approches potentiellement contestables. Un simulateur qui choisit arbitrairement l'une ou l'autre sans vous en informer peut vous induire en erreur.

Pour des montants significatifs (au-delà de quelques milliers d'euros de récompenses annuelles), une consultation avec un fiscaliste spécialisé est prudente.

Airdrops et hard forks : une qualification fiscale incertaine

Les airdrops et les hard forks créent des crypto-actifs sans contrepartie financière directe. Leur prix d'acquisition fiscal est donc nul, ce qui maximise la plus-value imposable lors d'une cession ultérieure.

Mais le fait générateur de l'imposition reste débattu : certains fiscalistes considèrent que la réception d'un airdrop constitue un revenu imposable dès sa perception (BNC), d'autres estiment que seule la cession déclenche l'imposition (plus-value).

Les simulateurs adoptent généralement la seconde position par défaut : prix d'acquisition nul, imposition différée à la cession. Cette simplification peut convenir pour des montants modestes. Au-delà, la prudence commande de documenter chaque opération DeFi avec sa date, sa valorisation en euros au moment de la réception et sa nature précise, en prévision d'un éventuel contrôle.

Fiche pratique

Taux du PFU (flat tax)30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux)
Formulaire fiscal2086 (annexe à la déclaration 2042)
Seuil d'exonération annuel305 € de cessions
Base légaleArticle 150 VH bis du CGI
Déclaration des comptes étrangersFormulaire 3916-bis
Report des moins-valuesNon (imputation sur l'année uniquement)
Site officiel pour déclarerimpots.gouv.fr
Simulateur officiel DGFiPNon disponible (outils tiers uniquement)

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions fréquentes

Comment fonctionne un simulateur de plus-value crypto ?

Un simulateur de plus-value crypto applique la formule proportionnelle du Code Général des Impôts (article 150 VH bis) : il multiplie le gain brut de la cession par le rapport entre le prix de cession et la valeur totale du portefeuille au moment de la vente. Le résultat donne la plus-value imposable, à laquelle s'applique le Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (flat tax).

Quels impôts paie-t-on sur les gains en crypto en France ?

Les plus-values de cession de crypto-actifs sont soumises au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Aucun abattement pour durée de détention ne s'applique aux crypto-actifs, contrairement aux valeurs mobilières traditionnelles. Les cessions inférieures à 305 € par an sont exonérées.

Le simulateur crypto remplace-t-il la déclaration fiscale officielle ?

Non, un simulateur crypto constitue un outil d'estimation préparatoire. La déclaration fiscale doit être effectuée via le formulaire 2086, annexé à la déclaration de revenus 2042, sur impots.gouv.fr. Seule la DGFiP valide le montant définitif de l'impôt dû. Un simulateur aide à anticiper, mais ne se substitue pas à la déclaration officielle.

Faut-il déclarer ses cryptos même si on n'a pas vendu ?

La simple détention de crypto-actifs ne déclenche aucune obligation déclarative en France. En revanche, depuis 2019, les comptes ouverts, détenus ou clos sur une plateforme d'échange située à l'étranger doivent être déclarés via le formulaire 3916-bis, sous peine d'amende. La déclaration 2086 ne concerne que les cessions réalisées dans l'année.

Comment calculer la plus-value imposable sur la vente partielle de Bitcoin ?

La formule légale est : plus-value imposable = (prix de cession − prix total d'acquisition × prix de cession / valeur globale du portefeuille). Si vous avez acheté 0,5 BTC pour 10 000 € et que vous revendez 0,1 BTC pour 6 000 € alors que votre portefeuille total vaut 30 000 €, la plus-value imposable est : 6 000 − 10 000 × 6 000 / 30 000 = 4 000 €.

Les pertes en crypto sont-elles déductibles des gains ?

Les moins-values sur crypto-actifs ne sont imputables que sur les plus-values de même nature réalisées la même année. Le solde négatif annuel n'est pas reportable sur les années suivantes, contrairement aux valeurs mobilières. Une moins-value globale nette sur l'année aboutit à une absence d'imposition, mais la perte est définitivement perdue fiscalement.

Un simulateur crypto gère-t-il les opérations DeFi (staking, yield farming) ?

La plupart des simulateurs ne traitent pas correctement les opérations DeFi complexes. Le staking et le yield farming génèrent des gains dont la qualification fiscale reste débattue en France (BNC, plus-values, revenus de capitaux mobiliers). Pour ces opérations, un expert-comptable spécialisé est recommandé, car un simulateur générique risque de produire une estimation erronée.